Le PDRC en 5 questions, une interview de l'ancien président de l’ODARC (interview de mars 2007)

 

1-Qu’est-ce que le PDRC ?

Le soutien européen au monde rural intervient désormais par l’intermédiaire d’un fonds unique, le FEADER (Fonds Européen Agricole et de Développement Rural). Pour bénéficier de ces aides, chaque Etat Membre doit proposer à Bruxelles un Plan de Développement Rural (PDR). La CTC, estimant que la politique agricole et rurale qu’elle souhaitait mettre en œuvre ne s’inscrivait pas forcément dans les objectifs prioritaires nationaux, a souhaité défendre son propre PDR. Il a fallu convaincre Paris, puis Bruxelles afin d’obtenir l’autorité de gestion et l’agrément de l’ODARC comme organisme payeur des fonds du FEADER. Ce qui n’a été possible qu’après plusieurs audits des commissaires européens et un certain nombre de contrôles de toutes sortes. Le PDRC est donc, dans le cadre français, un outil de développement unique, au service de l’agriculture et du monde rural insulaires.

Le PDRC, Programme de Développement Rural de Corse, a été validé par l’Assemblée de Corse en mars 2007.

 

2-Comment ce plan a-t-il été élaboré et avec qui ?

Depuis septembre 2005, l’ODARC a associé largement l’ensemble des partenaires du monde agricole et rural. Au sein du Conseil d’Administration de l’ODARC, qui réunit des représentants élus de la CTC, des syndicats agricoles et des chambres d’Agriculture, des commissions de travail ont été mises en place, qui ont donné lieu à 11 réunions thématiques. A partir des résultats de ces commissions de travail, et en respectant les axes imposés par Bruxelles, le Conseil Exécutif a rédigé le document final qui a lui-même été approuvé par un vote de l’Assemblée de Corse. Jusqu’au dernier moment, les attentes exprimées par les professionnels via les chambres d’agriculture ont été prises en compte puisqu’un certain nombre d’amendements ont été validés par la CTC le jour même du vote. A été intégrée par exemple l’idée d’un zonage et d’une différence de soutien financier selon les zones pour favoriser l’exploitant installé dans un territoire plus difficile. Dans le même esprit, le taux d’intervention en faveur des industries alimentaires sera fonction de leur capacité à utiliser la production locale dans la transformation.

 

3-Quelles sont les spécificités de ce plan ?

Par sa délibération du 22 mars 2002, l’Assemblée de Corse a retenu comme principes directeurs de la politique agricole la recherche d’une production de qualité à forte valeur ajoutée, basée sur la typicité, la tradition et les savoir-faire, avec une organisation rationnelle des filières pour optimiser cette démarche qualité sur les marchés, intérieurs et extérieurs, par l’obtention de signes de qualité, mais aussi et surtout par la valorisation de ces labels et par une politique commerciale judicieuse. Cette stratégie demeure d’actualité, en renforçant les deux piliers choisis : qualité et identité.

De plus, l’agriculture et la ruralité insulaires ne répondent pas aux mêmes logiques et n’ont pas les mêmes besoins qu’au niveau national. Par exemple, la France continentale connaît une surproduction sur de nombreuses filières tandis que la Corse est en sous-production chronique dans toutes les filières. Autre exemple de spécificité, notre forêt : nous avons une forêt territoriale de plus de 50 000 hectares ce qui est unique en France et nous amène à mettre en place, territorialement, une politique forestière ambitieuse. Dernier exemple, sur le plan environnemental, nous avons un patrimoine à préserver, des sites remarquables, une nature et des paysages qui sont devenus des atouts économiques et dont la protection doit être une priorité.

 

4-Quels sont les montants annoncés ?

Financièrement, outre les 83 millions d’euros du FEADER, la CTC et l’Etat contribueront également à la mise en œuvre de ce PDRC, à hauteur respectivement de 63 millions pour la CTC et de 88 millions pour l’Etat, ce qui représente une enveloppe globale de 229 millions d’euros sur 7 ans. Sans oublier qu’au-delà du contrat de projet stricto sensu demeurent d’autres engagements de l’Etat, comme le plan de relance de l’agriculture ou le plan exceptionnel d’investissement.

 

5-Quelles sont les nouvelles perspectives qu’offre le PDRC ?

Ce qui change avec le PDRC c’est la prise en compte de la dimension rurale du développement. C’est particulièrement important en Corse où, depuis de nombreuses années, l’exode rural vide les villages de l’intérieur au profit des villes. L’objectif étant de susciter de l’activité, de la créativité, en un mot une dynamique, grâce à une politique incitative permise par les fonds du FEADER.

On pense par exemple à la diversification, qui permet d’avoir une activité annexe à l’activité agricole, d’éviter la saisonnalité de l’activité et donc des revenus, de fixer la population sur un territoire donné, tout au long de l’année. Les activités liées au tourisme, aux loisirs ou aux services pourront ainsi venir compléter le revenu de l’agriculteur qui le souhaite, même si l’activité agro-sylvo-pastorale doit demeurer principale. Autres nouveautés, la prise en compte de la dimension foncière, la mise en place d’une politique de formation spécifique et ambitieuse, ou encore une problématique autour de l’emploi en milieu rural…

 

Jean-Claude Bonaccorsi, ancien Président de l’ODARC

 

 

 

  • Retour
  • Format imprimable
  • Sommet de la page

Recherche

Newsletter

Événements

Juin 2018
L M M J V S D
28293031
1
Proposez un évènement